Ville : Rennes puis Caen
Salle : Mondo Bizarro et El Camino
Deux soirées, deux dates et deux ambiances distinctes pour ce petit apperçu du "Fuck God Tour" réunissant Otargos et Foscor.
La première date dans l'ordre chronologique fût celle du samedi 21 février à Rennes au Mondo Bizarro qui ne voyait à l'ouverture des portes qu'une très faible assistance a avoir fait le déplacement. Fort heureusement pour les ouvreurs quasi-locaux, puisque fougerais, de Fenguerous le report du début des hostilités a permis aux habituels retardataires de venir grossir les rangs. Enchaînant les concerts depuis quelques temps déjà le groupe franchit un nouveau palier à chaque fois tant au niveau présence scénique qu'en terme de qualité d'exécution et de composition. Les morceaux sont agressifs mais demeurent mélodiques, certaines ambiances païennes étant posées par le biais d'une guitare aux effets travaillés propices à la nostalgie. Le batteur est l'illustration même que rien ne sert de blaster à tout va pour être efficace, les parties rapides n'en étant que plus marquantes à leur tour. Les vociférations de BlackLestat sont quant à elles une véritable exhortation adressée au public de se laisser gagner par la folie furieuse instaurée par le Chainsaw-Metal pratiqué par le groupe.
La seconde date voyait quant à elle se produire Way to End à Caen au bar El Camino, le mardi 24 février, devant une assistance nombreuse dès l'ouverture de l'escalier conduisant au sous-sol de l'établissement. Groupe d'ouverture une nouvelle fois de qualité, oeuvrant dans un style véritablement particulier puisque redoutablement technique, basé sur un habille enchevêtrement de rythmes et de mélodies. Le groupe ne fait pas dans la facilité puisque les morceaux, en plus d'être complexes, sont plutôt long ce qui ne doit pas faciliter l'exercice de la prestation scénique. Côté public, si un nécessaire temps d'adaptation se fait sentir, l'ambiance crée conquiert petit à petit l'auditoire présent. Un batteur à la fois discret et sachant quand il le faut enclencher le mode bûcheron assure l'assise rythmique ... et appuie les choeurs à trois voix qui viennent porter le chant principal rauque et judicieusement en retrait de la musique qui peut ainsi prendre toute son ampleur.
Venons en au noyau dur la tournée. Bien que celle-ci semble s'être déroulée en co-headlining, Foscor précédait Otargos sur les deux dates et offrait à entendre son black métal sombre, mélancolique mais rageur avec un petit quelquechose de difficilement descriptible, de très "terrien" (à l'inverse d'un Otargos plus "spatial"). Égal a lui même sur les deux dates Foscor a livré un show tout en atmosphères, bien que sachant déclencher l'embrasement du public au moment adéquat, notamment en reprenant "Ghoul" de MayheM. Un groupe aux membres véritablement sympathiques, faisant l'effort de s'adresser à l'assistance dasn un français parfois ... approximatif ce qui n'est pas le cas de leurs sets : un peu bruts de décoffrages mais bien en place et à l'image du style pratiqué.
Otargos assurait la tête d'affiche lors des deux concerts sur une ossature quasi identique mais dans deux ambiance sensiblement distinctes : il m'a semblé lors du concert de Rennes que le groupe était plus froid, un rien plus rapide et moins "communicatif" et m'a paru à Caen plus ouvert au public ... à ceci près que Astaroth est un personnage véritablement hostile, ne serait-ce que dans l'attitude et le regard, glaçant, qu'il jette à l'assemblée. En même temps il a entre les mains une imposante huit cordes qui ne porte pas vraiment à rire et doit faire l'objet d'une attention des tous les instants.
En live, exercice bien différent du studio, les nouveaux morceaux (dont bon nombre des personne présente connaissent déjà la teneur malgré la sortie récente de l'opus) sont plus chaleureux, notamment du fait d'un son de basse plus rond, plus présent mais le vide nous happe littéralement, sans crier gare, au beau milieux de certains morceaux qui passent haut la main la difficile épreuve du feu de la rampe. Le martelage du sieur Ranko n'est pas étrangers à ce fait puisque les parties les plus rapides sont exécutés sans qu'aucun coup ne soit épargné à son instrument et sa variété de jeu, qui se traduit par des roulements et des accentuations à la caisse claire pleins de hargne, permet au morceaux d'acquérir une dimension que la seule vitesse pure ne saurait créer.
Afin de varier les plaisir le groupe a interprété des reprise dont l'une de Venom, que je n'ai pas réussi à identifier ce qui n'est pas loin d'être une honte, ainsi que la classique mais inusable reprise de Dark Funeral.
Ossature/Set-list : Dawn of the Ethereal Monolith - Unaltered Negative God - La Genèse de Dieu - Codex 666 - Havocalyspe - Kinetic Zero - Nullabsolut - N-Universe - Infernal Legions Strike - Sulfuring Armaggedon Fog