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U-zine.org : chronique de "Vince Neil - Tattoos & Tequila - Descente aux enfers et retour en grâc", écrit par Mike Sager

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Vince Neil - Tattoos & Tequila - Descente aux enfers et retour en grâc, écrit par Mike Sager


  Mike Sager - Vince Neil - Tattoos & Tequila - Descente aux enfers et retour en grâc

Collection / Edition : Camion Blanc
Genre litteraire : Biographie
Année de parution : Janvier 2011

[ Voir le sommaire ]

Sex, drugs and rock n’roll…

A travers les temps, tout au long d’années de débauche, d’excès en tout genre et d’évènements d’une gravité sans commune mesure, Mötley Crüe est devenu l’un, sinon le, groupe de hard glam rock le plus célèbre et talentueux du monde. Plus sulfureux que Twisted Sister, plus séducteur que Motorhead, plus agressif et virulents que Bon Jovi : les saints de Los Angeles (d’après l’intitulé de leur neuvième album sorti en 2008).

Sous la houlette de quatre musiciens aussi exubérants les uns que les autres, entre un Tommy Lee autant habitué des concerts que des magazines people (ses mariages avec les stars y faisant beaucoup), un Nikki Sixx aussi accoutumé à sa basse qu’au centre de désintoxication et un chanteur bond platine tenant aussi souvent (sinon plus) un micro qu’un verre ou un joli cul rebondi, Mötley s’est fait autant connaitre par ses albums que ses frasques en tout genre.

Alors que les autres musiciens s’étaient déjà exprimés à travers moult documentaires, Vince Neil (chant), quant à lui, n’avait encore jamais sorti de biographie.
Sous la plume de Mike Sager, Vince, le blond de la formation, le beau gosse et le séducteur invétéré évoque sa vie, ses débuts, ses quatre mariages, ses addictions à la coke, l’héroïne et particulièrement à l’alcool (Vince avouera ne même plus savoir combien de fois il a bien pu aller en désintoxication…et sa troisième femme, Heidi, n’hésitera pas à dire qu’il savait tellement comment réagir que ça n’avait plus aucun effet). A l’alcool mais aussi aux femmes…le sexe est en effet l’un des éléments principaux de ce livre, peut-être même plus mis en avant que la musique (« On m’a souvent demandé comment on peut, techniquement parlant, combler trois femmes en même temps. Chez moi, ça semble tellement naturel »).

Mais outre ses histoires de cœur et de cul (qui reste tout de même très intéressantes sur la vie du groupe, d’hommes qui, entre les concerts, n’arrêtaient jamais de faire la fête, à se droguer salement et se mettre complètement mort), Vince évoque ses débuts. De sa vie de jeune garçon dans les coins pas très conseillés de la Californie à ses premiers emplois de charpentier et d’électriciens (qu’il abandonnera parce que trop épuisants…) en passant par ses débuts en tant que chanteur dans son premier groupe Rockandi. Le guitariste du groupe, ici, avouera qu’il n’aurait jamais pu penser que Vince aille si loin car il était bien loin d’être convaincant à ses débuts, chantant faux et tournant le dos au public tant il était mort de trouille.

D’ici, on apprendra que Vince, le grand frontman que l’on connait, est en réalité un gentleman timide et courtois, séducteur et attentionné (pour un temps). A travers le portrait de ses autre femmes, ayant toutes répondus présent pour ce livre, on lira avec intérêt les portraits croisés, et les différentes versions des uns et des autres en apercevant une évidente immaturité d’un homme tellement proche de l’épicurisme pur qu’il ne peut se rendre compte de la gravité de ses agissements. La vie est un jeu pour lui, et l’argent fait pour être flambé.

Mais outre les histoires personnelles, Vince évoque évidemment sa vie et ses états d’âmes musicaux, autant dans Mötley Crüe qu’en solo lorsque le trio décida de l’évincer pour des raisons obscures.
Toujours est-il que parfois, on a réellement l’impression de lire la biographie de Kiss tant, sur scène, tout ne semble qu’être hypocrisie. Vince parle beaucoup de Nikki Sixx (bassiste, principal compositeur et seul membre du groupe présent dans le livre) en termes bien peu élogieux. Car concernant l’homme cliniquement mort quelques instants d’une overdose en 1987 (il sortira de l’hôpital pour s’en remettre une avec des junkis…of course), Vince présente un portrait d’un musicien orgueilleux et fier, constamment jaloux de voir le chanteur mis en avant alors que ce dernier ne composait pas. Mötley ; c’est Nikki avant tout…sauf que sur les magazines, c’est Vince avant tout. Et ce dès Too Fast for Love…et visiblement, les quatre n’ont jamais été de grands amis.

Si Tommy et Vince ont vécu ensemble pas mal d’années, dans une porcherie, on remarquera que le batteur est également le genre d’homme à chercher à constamment attirer l’attention.
Aujourd’hui, Mötley est une entreprise plus qu’un groupe, avec quatre contrats indépendants. Quand on sait que pendant la tournée de Generation Swine (album que Vince trouve littéralement à chier alors qu’il est, musicalement, probablement l’un des plus intéressants), le chanteur s’entendait mieux avec John Corabi (le chanteur l’ayant remplacé après le quintuple album de platine Dr Feelgood) qu’avec Tommy et Nikki, on s’aperçoit de l’ampleur du désastre.
On se demande également ce que Mick Mars vient aussi faire dans l’histoire, tant il apparait comme mystérieux et en dehors de tout (sept ans de plus, n’a jamais habité avec les autres, moins sulfureux) tout en étant aujourd’hui le plus malade des autre (vous savez pourquoi le solo de Girls Girls Girls se termine de façon abrupte ? Parce que Mick s’est cassé la gueule de sa chaise pendant l’enregistrement et qu’il n’a jamais eu l’instinct de le refaire tellement il était stone).

« Je n’ai aucun ami dans Mötley Crüe ».
Ces mots résonnent comme un couperet dans la bouche du vocaliste, n’ayant visiblement pas accepté de se faire virer, de voir son retour parce que plus personne n’avait de fric ou que aucun des gars n’ait donné de nouvelles lorsque Skylar, sa fille (de son deuxième mariage avec Sharise) meurt prématurément d’un cancer généralisé à quatre ans.

C’est avant tout un livre sur la vie d’un musicien parsemé de drames (la mort de Razzle, le batteur d’Haroi Rocks, alors que Vince conduisait drogué et bourré), d’une superstar du hard qui se confit et montre un visage aussi humain qu’irresponsable. Aujourd’hui, c’est un homme d’affaire qui parle, sobre et multipliant les affaires (le groupe, son projet solo, une marque de Tequila qui semble l’avoir dégouté, une agence de jet privé, une ligne de restaurant…), posé et ayant un regard objectif sur son passé.
C’est un homme parlant d’un petit garçon ayant bien profité de la vie. Un petit garçon qui, passé quarante ans, a enfin décidé de grandir. Il était temps.

Note : 8.5 / 10


Partager sur Facebook : Par : Eternalis

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