1. Note de l'éditeur
2. Préface
3. Et souffle la brise tiède du temps
4. Genèse de la matière et de l'esprit
5. Le grégaire, l'idolâtre et le rebelle
6. Tout ce qui ne l'a pas tué
7. Censure moi des mots à l'oreille
8. De bruit, de râle et désirs
9. Ici l'ombre
10. L'impensable conclusion
11. Avant propos
12 Une discothèque idé'Hard 1ère partie
13. Iron Maiden, un mythe vivant
14. Une discothèque idé'Hard 2ème partie
15. Valent aussi le détour
16. Bêtes de scène
17. Nos plus belles nuits parisiennes
18. Tendre Hard
19. Légendes sans paroles
20. Portes métalliques vers le sanctuaire
21. Les bâtisseurs de l'ombre
22. Best of the best
23. Et s'il fallait mettre le Hard sur son 31
24. Bibliographies et documentations sélectives
Les éditions Camion Blanc comme tout le monde le sait, se sont spécialisées dans les ouvrages musicaux, alternant les biographies et les études de styles musicaux qui sont souvent oubliés ou dénigrés par de nombreux médias. Anthologie du Hard Rock (de bruit de fureur et de larmes) ne déroge pas à la règle. Jérôme Alberola un passionné de cette musique depuis de nombreuses années, est un journaliste dans un tout autre domaine, mais avant tout un vrai amoureux de Hard Rock, qui offre aux amateurs ainsi qu' aux aficionados une sorte de bible du Hard Rock, qui a même réussi à mettre sur le cul un dénommé Francis Zégut qui signe par ailleurs la préface de ce putain de bouquin!
L'auteur passe en revue durant la première partie de l'ouvrage aussi bien les prémices de cette musique, la genèse du Hard Rock de la fin des années 1960 à nos jours, et plus particulièrement des années 1980 (magazines, disquaires, premiers concerts, codes vestimentaires, us et coutumes, histoires et légendes) jusqu'aux années 2000. Bien sûr cette étude est aussi d'un point de vue musical à proprement parler, que ce soit en citant de nombreux artistes et musiciens mais en démontrant aussi l'affiliation avec les musiques classiques, et la descendance logique provenant du blues et du rock'n roll, puis la New Wave Of British Metal (NWOBHM) en passant par le changement d'appellation le Hard Rock devenant peu à peu le Heavy Metal, puis le Metal en général avec l'émergence de groupes plus variés, techniques, rapides et violents. Ce que fit aussi Sam Dunn dans l'excellent documentaire Voyage au Coeur de la bête. Dans le cadre de ce livre, l'étude est pointue, argumentée, des plus intéressantes, et aussi tinté d'un humour des plus truculents. Alberola ne néglige pas non plus l'imagerie, la mauvaise réputation dont jouit cette musique et différents courants musicaux du Hard Rock au Black Metal. N'oublions pas que durant les années 80 (l'âge d'or du Hard Rock) cette musique fut décriée ou ignorée par les médias français en général, et que ce fut aussi le point de départ de ce que l'on pourrait appeler la communauté Hard Rock ou Metal. Comme le dit Jérôme Alberola dans ses premières pages : sans cette atmosphère, cet esprit identitaire cette cohésion le besoin d'écrire ce livre aurait été moins fort.
Après cette introduction sur l'histoire du Hard Rock en général place à l'Anthologie d'un point de vue chroniques, avec pas moins de 250 album décortiqués! Tout d'abord l'anthologie principale avec 143 chroniques de disques majeurs classées par ordre alphabétique des noms de groupes, de A comme Accept à Z comme ZZ Top. Le choix des groupes est des albums ne peut qu'être subjectif et sujet à controverse, et l'auteur le sait bien et s'en défend à l'avance, et si le choix d'albums ou de groupes peut parfois surprendre, le fait d'inclure des groupes méconnus (ou oubliés) découverts à l'époque et de les mettre au même piédestal que les icônes du Hard Rock, montre une réelle connaissance et passion du sujet et c'est aussi là, que réside l'intérêt de cette anthologie.
L'intelligence et la particularité de ce livre et de cette bible du Hard est de faire une pause à la lettre I avec un dossier superbe et passionné sur LE groupe phare de l'histoire du Hard Rock, en l'occurrence Iron Maiden. Le choix de ce groupe est expliqué en comparaison des autres groupes cultes (de Led Zep à AC/DC en passant par Metallica) choix qui au fond ne peut qu'être indiscutable, on ne peut qu'être d'accord avec Alberola vu la longévité de ce groupe, icône du Hard Rock qui a su traverser les années et les modes sans changer son fusil d'épaule, et proposer (à une ou deux exceptions près) une discographie exceptionnelle en qualité comme en quantité. Cette belle analyse sur le groupe anglais est suivi de 11 chroniques d'albums de la vierge de fer, une nouvelle fois blindées de détails et de références, en n'omettant pas le côté technique, et les analyses des textes, on est en présence d'un vrai fan et ça se ressent à la lecture.
De la lettre I à la lettre Z l'auteur passe ensuite en revue le reste de l'histoire du Hard Rock en offrant des chroniques toutes plus enthousiasmantes et passionnantes les unes que les autres. Dans ce véritable grimoire, la lecture de ces chroniques de disques n'est jamais dénuée d'intérêt, chacune est superbement écrite, il n'est jamais question de première personne (sauf lors de souvenirs sur la découverte de l'album ou de l'artiste) mais toujours une mise en avant du disque, des chansons, de la musique, des paroles, du contexte, et des artistes bien sûr. Tout amateur de webzines, de magazines spécialisés ne pourra qu'être emballé par la qualité de ces écrits, trouvant toujours le juste milieu pour plaire aussi bien aux passionnés qu'aux néophytes. Suivent une centaine de chroniques d'albums non mentionnés dans l'anthologie principale, moins détaillés certes, mais des disques importants dans l'histoire de cette musique. L'auteur n'oublie pas non plus les meilleurs albums live.
En guise de témoignage Albérola offre aussi quelques live reports de 1984 à 1991 de concerts légendaires auquel il a assisté en région parisienne, et dont il nous fait partager ses impressions et souvenirs. Histoire de rendre cette bible du Hard Rock des plus complètes on trouve aussi un dossier sur les fameuses ballades si souvent sujettes à controverses, mais indissociable de ce style musical, un classement des plus beaux titres purement instrumentaux, une liste pour les profanes d'albums à écouter suivant les gouts musicaux de chacun, une énorme liste de groupes qui auraient pu figurer dans cette anthologie, puis au final les dix albums majeurs (puis 21 de plus pour mettre le Hard sur son 31 dixit Alberola) et enfin pour finir une bibliographie et documentations sélectives.
Jamais en France une personne ne s'était penché de cette manière pour proposer une bible du Hard Rock destinée à son public et à un public plus large, le travail est immense, la qualité l'est tout autant. Avouons le ce putain de livre est indispensable pour tout amateur de ce style musical, et peut permettre aussi de passer certains préjugés et de mieux connaître cette musique et les artistes qui la composent. Ce bouquin peut tout aussi bien se lire dans le sens qu'on le souhaite, plonger dedans au hasard pour redécouvrir tel ou tel artiste, disque, ou le lire de manière plus classique. N'oublions pas les superbes photos, clichés live et portraits de groupes ou de musiciens, signés principalement Pierre Terrasson qui accompagnent les textes de Jérôme Alberola. La lecture est des plus agréables, tout est fort détaillé, et l'humour est aussi présent, l'auteur pratiquant l'ironie avec un grand talent. Ce livre vous accompagnera et vous permettra assurément d'écouter ou de réécouter certains artistes, livre à lire à proximité de vos enceintes car vous verrez d'un oeil différent après la lecture de cet ouvrage certains albums et/ou chansons. Jérôme Alberola a signé ni plus ni moins une véritable Anthologie du Hard Rock qui mérite amplement le terme d'ANTHOLOGIE, pour ça on ne peut que le remercier et vous conseiller vivement de vous procurer et de dévorer cette ANTHOLOGIE DU HARD ROCK (De bruit, de fureur et de larmes) aux éditions Camion Blanc.
J'ai lu et relu ce livre à de nombreuses reprises et je dois dire que j'ai adoré. Le fait qu'Alberola soit un hardos, un vrai de vrai, ajoute une certaine magie à sa description des concerts légendaires auxquels il a assisté ou à ses virées parisiennes à la recherche d'un nouvel album à se mettre sous la dent. L'histoire du hard rock/metal est très bien expliquée et racontée. Afin de faire court, disons que la première partie du livre est parfaite, tout simplement.
J'ai un peu plus de difficulté avec la seconde partie de l'oeuvre, l'anthologie proprement dite. J'ai noté trois problèmes majeurs liés à cette deuxième partie précisément, mais un seul est réellement important et j'expliquerai pourquoi.
Premièrement, à ma première lecture j'ai été carrément choqué de voir que le seul album chroniqué de Led Zeppelin était "Physical Graffiti", que le seul album de Deep Purple présent était "Perfect Stranger",... je pourrais continuer un certain temps mais cela ne servirait à rien. En clair, de nombreux albums mythiques du hard n'étaient pas étudiés. Mais j'ai rapidement avoué qu'après tout, l'autour avait averti qu'une inévitable subjectivité était présente tout au long de l'oeuvre et qu'en ce sens l'erreur peut être pardonnée, d'autant plus que les albums sont bien chroniqués et que les arguments avancés sont valables et défendables, même si d'autres pourraient être avancés pour justifier la présence d'autres albums. Bref c'est un débat sans fin qui permet d'alimenter constamment notre passion pour ce genre merveilleux qu'est le hard.
Deuxièmement, un autre détail qui m'a plus ou moins déplu est cette tendance qu'a Alberola à constamment tout ramener à Iron Maiden, de la même manière que Ian Christe le fait avec Metallica dans "Sound Of The Beast". S'il avance de bons arguments pour défendre son opinion par rapport au fait que Maiden est le plus grand groupe de hard, ceux donnés pour ne pas mettre Led Zeppelin, AC/DC et Metallica au même niveau me semblent moins convaincants. Mais encore une fois, la subjectivité était avouée donc pardonnée. Je rajouterais également qu'Alberola a bien ciblé les 4 grands prétendants au trône, même si personnellement je rajouterais Judas Priest ou Black Sabbath à la liste.
Troisièmement, le dernier hic que j'ai relevé est moins défendable pour l'auteur à mon avis et reste LE gros problème de l'œuvre. Tout au long de la première moitié du livre, l'auteur avance que le hard serait mort en 1991 (ou quelque part autour de cette année précise) et que même si les groupes (anciens ou nouveaux) et que les fans (anciens ou nouveaux) sont encore là, l'esprit et l'ambiance ont changé, plus rien ne sera jamais pareil, et le hard est devenu "metal", terme plus généraliste. À mon avis l'hypothèse se tient et est très crédible. Mais on peut se gratter la tête, avec raison et je suis certain que l'auteur lui-même sera d'accord, en remarquant que des groupes post-1991 sont cités alors que des groupes majeurs pré-1991 sont oubliés, volontairement ou non. Je pense qu'il est ici important d'énumérer.
D'abord, l'auteur inclut certains albums de groupes de nu metal (System Of A Sown, Korn, Evanescence (disons que ceux-là sont quelque part entre le néo, le gothique et le rock alternatif)), de power metal (Nightwish), de death metal progressif (Opeth) et de metal gothique (Paradise Lost, Xandria). Pour ces groupes précisément, même s'ils ont connu la gloire après 1991, on peut accepter leur présence dans le livre si on y voit une tentative de l'auteur de montrer que d'autres groupes hard/metal ont connu le succès (tout est relatif) depuis la fin de l'âge d'or. Il aurait peut-être été bien d'intégrer d'autres groupes power, mais aussi 2 ou 3 groupes de black, de death et de doom, mais je ne pousserai pas plus loin. L'auteur, cependant, inclut également certains groupes de certains genres parallèles au hard/metal et ayant flirté avec lui à certaines occasions mais qui ne font pas partie intégrante de son univers. Je parle ici de groupes de "college rock" (bravo à Alberola pour avoir trouvé le terme, j'aime bien!) avec des groupes comme Linkin Park, Limp Bizkit, A, Fall Out Boy, etc. On trouve aussi des groupes oscillants entre Hard FM et pop rock (Foreigner, Asia, Stage Dolls), du blues rock (ZZ Top), du punk rock (Sex Pistols, Billy Idol, The Exploited, The Offspring), du hardcore punk (G.B.H., Broken Bones, Cro-Mags, D.R.I., S.O.D., Millencolin), de la fusion (Faith No More, Incubus, Rage Against The Machine, Red Hot Chili Peppers), du grunge (Nirvana, Pearl Jam) du rock alternatif (Manic Street Preachers, Kelly Osbourne) et du rock industriel (Marilyn Manson). Très sincèrement, je ne vois pas du tout l'utilité d'avoir ces groupes nommés dans ce livre, et même l'argument "ça a flirté avec le hard/metal donc ça a sa place" ne me semble pas valable, encore moins dans un ouvrage qui traite du hard rock sous sa forme la plus pure.
Parlant de hard rock sous sa forme la plus pure, certains groupes majeurs sont oubliés, comme UFO, Blue Öyster Cult, Ted Nugent, Uriah Heep, etc. L'auteur a noté à la fin de son œuvre des centaines de groupes oubliés, ce qui est bien, mais pour certains d'entre eux c'est carrément impardonnable en raison de la quantité de groupes non-hard présents dans l'anthologie. Je pense à deux groupes en particulier, encore plus importants que les oubliés que j'ai nommé quelques lignes plus haut, deux groupes sans qui le hard/metal n'aurait jamais été le même: Pantera et, surtout, KISS. Les 4 maquillés new-yorkais remplissent aisément tous les critères de l'auteur pour atteindre le rang des grands groupes de hard: musique marquante et intemporelle (la liste des classiques est longue), grosses tournées à succès (voir les statistiques récentes), grosses ventes d'albums (100 millions d'albums écoulés) et succès qui ne veut toujours pas s'affaiblir aujourd'hui (succès de leur dernier album au niveau des palmarès dans le monde), sans compter les dizaines de groupes et les milliers de fans influencés par eux. Quant à Pantera, il a probablement été le dernier groupe de thrash à avoir tenu le drapeau dans les années 90 avec Slayer alors qu'Anthrax se tournaient vers le rap-metal et que Megadeth et Metallica s'embourgeoisaient. L'importance de Pantera est double: premièrement, au début des années 90, avec "Cowboys From Hell" et "Vulgar Display Of Power", le groupe produisait un thrash de grande qualité assez en rupture avec celui des prédécesseurs pour laisser sa marque. Deuxièmement, le groupe a ensuite entamé une évolution vers un metal brutal, brute de décoffrage, à très grosse influence hardcore, influençant le metalcore tant populaire ajourd'hui.
En conclusion, je veux rappeler que malgré les deux premières imperfections, plus ou moins graves, et la dernière, très grave celle-là, que j'ai relevé, "Anthologie du hard rock: De bruit, de fureur et de larmes" demeure un livre de qualité et un achat obligatoire pour tout fan de hard rock/metal. Jérôme Alberola est un auteur exceptionnel, d'autant plus qu'il est un véritable fan de hard et qu'on le voit très bien dans son livre, ce qui ajoute à la qualité du travail accompli.
Ander
- 2009 à
18:07
Ca a l'air sympa! Mais la chronique du livre de Tool paru chez le même éditeur sera chroniqué ou pas?